actualités

SCARA : une évolution des prestations méthanisation.

SCARA : une évolution des prestations méthanisation.

20160127_0927501

« Clairement, SCARA se positionne désormais fortement sur la méthanisation en injection, et fait évoluer ses prestations sur la métha en cogénération » explique Nicolas RIBES.

« Concrètement et depuis l’été, j’interviens sur l’injection en tant que bureau d’études (études de faisabilité) et AMO. J’accompagne d’ores et déjà 3 projets, qui représentent un investissement de 16M€. Pour la métha en cogénération, je propose aux porteurs de projet un accompagnement  désormais basé sur l’appui à la configuration de projet et sur le suivi, pour des agriculteurs qui montent en compétence via de la formation. Je réaliserai également des prestations d’audit en pré-financement »

C’est un vrai virage pour la société que Nicolas a créée en 2008 et  qui est devenue un interlocuteur à part entière de la méthanisation en Rhône-Alpes.  » Voilà bientôt 10 ans que SCARA réalise des études de faisa et des AMO en cogénération » explique Nicolas. « SCARA a traité  la méthanisation par l’entrée agricole, parce que je suis convaincu que la méthanisation peut apporter une réponse performante à différentes problématiques agricoles. »

Nicolas détaille ces atouts: « La méthanisation, c’est en tant que telle une approche système, qui renforce la durabilité économique, environnementale et sociale des fermes. La métha permet d’assurer un traitement des effluents, favorise l’autonomie des exploitations,  limite l’impact environnemental du système agricole. La méthanisation agricole, c’est aussi un outil qui externalise les charges épandage et de stockage des effluents, et l’opportunité d’un complément de revenu ». Et c’est un sujet qui engage des questions transversales:  » La méthanisation agricole est passionnante car elle impulse une véritable dynamique territoriale; elle replace l’agriculture au cœur des débats sur la consommation énergétique, le changement climatique, la gestion des déchets, l’usage des sols…. « 

Sur la méthanisation, SCARA a démarré son activité de bureau d’études avec AGRITEXIA, qui est devenu la 1ère unité de méthanisation agricole collective de Rhône-Alpes.

20160616_163604V2« J’ai débuté la méthanisation avec ce collectif d’agriculteurs qui voulaient tous arrêter de répondre au coup par coup aux crises laitières, et faire évoluer leurs fermes. J’avais déjà développé avec eux un projet pilote pour la réduction des intrants, financé par l’Agence de l’Eau. J’avais également accompagné leur conversion en AB avec une notion de filière, en configurant la collecte AB la plus dense à l’échelle nationale (5 millions  de litres de lait). J’ai ensuite travaillé avec eux à  la création d’un GIE pour mutualiser les équipements nécessaires à leur conversion bio; et on a également configuré ensemble la mutualisation d’un équipement pour l’alimentation des troupeaux, ce qui réduit l’astreinte ».

C’est ce GIE, Groupement d’Intérêt Economique, qui  sera par la suite expertisé par le Ministère de l’Agriculture  et constituera une base pour la loi d’avenir et la labellisation GIEE.

Le groupe et Nicolas arrivent rapidement à l’idée de créer une installation de méthanisation.  » Mais après une premiere réflexion sur un projet de 650 Kw, nous avons très vite compris que cette démarche nécessiterait 5 ans de développement, dans le meilleur des cas. En tant que bureau d’études, j’aurais pu facturer une prestation sur toute cette durée!  » sourit Nicolas,  » mais on a choisi ensemble une solution pragmatique, configurée en tenant compte des attentes et des contraintes de l’ensemble des partenaires. Ma feuille de route, c’était un projet en autonomie décisionnelle et capitalistique, dans un calendrier court, qui rassure les financeurs privés et publics, et avec une bonne intégration sur le territoire. J’ai donc proposé un projet en 2 tranches: la 1ère c’est Agritexia 1 à Cheminas (200 Kw), et la seconde c’est donc Agritexia 2 à Ardoix (250 Kw). Pour le 2ème site, il a fallu 12 mois entre la prise de décision et la réception de l’installation…. sur la méthanisation, c’est un calendrier exceptionnel! » se réjouit Nicolas.

SCARA a alors cherché à modéliser cette configuration, notamment avec le projet Métharavouère (installation collective agricole 160 KW à Haute-Rivoire, mise en service mars 2016.) « Avec ce projet j’ai testé la robustesse du raisonnement. Et d’autres projets ont essaimé sur cette logique. »

20151210_134331En effet, depuis Métharavouere,  SCARA a initié 9 autres projets assez similaires ( projets agricoles , 150-250 kw), pour un montant total 14 Millions € sur l’ensemble du territoire. SCARA est devenu  le bureau d’études majeur en Rhône-Alpes. En 2016 SCARA a présenté 77 % des projets cogénération déposés à l’Appel à projets  ADEME Auvergne Rhône-Alpes .

« Aujourd’hui, SCARA contribue au developpement la filière méthanisation en région » estime Nicolas RIBES. « Et je suis convaincu qu’avec cette expérience, SCARA dispose d’éléments d’analyse robustes sur cette typologie de projets. J’estime que les projets de méthanisation en cogénération 150 à 250 Kw sont désormais sécurisés: les process sont fiables, les partenaires (banques, assureurs, bureaux de contrôle…) sont nettement montés en compétence, les 1ères installations offrent un retour d’expérience réel. Bref, pour moi, les zones de risque sont aujourd’hui limitées. Donc,  j’estime qu’il n’est plus nécessaire de réaliser des prestations d’étude de faisabilité et d’AMO pour de la cogénération car les agriculteurs peuvent (et  doivent ! ) être autonomes sur leurs projets de cogénération. »

La balle est en quelque sorte dans le camp des porteurs de projet pour la cogénération: « L’enjeu pour moi est de faire monter les agriculteurs en compétence. Ce n’est plus le bureau d’études qui configure l’installation, ce sont les agriculteurs qui s’approprient leur projet, et cela concerne la technique, l’environnement du projet, la méthode de travail pour le groupe… Beaucoup d’aspects que les études de faisabilité n’ abordent pas. Mon ambition est que les agriculteurs soient autonomes. Sur la cogénération, j’interviens désormais exclusivement dans le cadre des formations organisées par RHIZOSPHERE. Avec Elise LEAL, fondatrice de Rhizosphère, nous avons configuré un contenu de formation qui les fait monter en compétence, sans réponse toute faite. »

20170124_153338C’est un cadre qui devrait créer les conditions d’une réelle autonomie de démarche-projet des agriculteurs  à un stade où il est encore possible d’arreter la démarche. « En  Rhône-Alpes, on voit trop de collectifs agricoles  qui ont investi  100  ou 200 k € pour l’étude de faisabilité ou l’AMO d’un projet …..qui ne se concretisera jamais! C’est un drame pour les agriculteurs , et un mauvais signal pour la filière méthanisation  » déplore Nicolas.

Eude de faisabilité Injection…AMO Injection…  mais aussi suivi des installations… autant de sujets qui seront détaillés dans les prochains articles.