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Ma transition #2: Lionel TERMOZ-BAJAT (Gagner en autonomie)

Ma transition #2: Lionel TERMOZ-BAJAT (Gagner en autonomie)

LTB2Lionel Termoz-Bejat est installé en polyculture-élevage à Apprieu depuis 2003. Avec 60 ha de surface et 40 vaches allaitantes et leur suite (soit 80 UGB), il a tout récemment décidé de s’engager dans la conversion en agriculture biologique.

Lionel est président du groupe d’agri-méthaniseurs de Méthanisère. « Ce qui me freinait jusqu’à maintenant, c’était la mécanisation et être obligé d’acheter des  intrants bio, qui sont plus chers. Mais dans moins d’ 1 an, on aura du digestat issu de nos effluents agricoles, donc un gros atout pour une conversion bio. Et avec le GIE, j’aurai accès à du matériel performant. »

Sa motivation ? « le prix des engrais et des produits phyto ; je voulais également mieux valoriser ma production. » Mais pour Lionel, une autre motivation, et peut-être la principale : la santé, celle des consommateurs, la sienne et celle de ses proches : « Utiliser tous ces produits ça me gênait, nous agriculteurs on est très exposés, dans ma famille d’agriculteurs il y a eu des problème de santé; et je fais le lien avec les désherbants. Je fais de la vente directe, donc ce sera vraiment un plus pour mes clients. La qualité, c’est essentiel pour moi, mes enfants… c’est important de faire attention à soi et aux autres, ça correspond à ma façon de voir mon métier. ».

Ce sont des visites chez des agriculteurs engagés dans le bio qui l’ont incité à se lancer :  «  le déclic, pour moi, ça a été la rencontre avec les collègues d’Agribiotech et d’Agritexia. Laurent, Christophe et François … J’ai vu des gars qui sont heureux dans leur métier, j’ai vu le matériel, j’ai vu les prairies: elles sont super ! j’en suis revenu convaincu que pour moi aussi c’était jouable ! »

LTB1Lionel parle avec enthousiasme des itinéraires culturaux qu’il entend privilégier. « J’ai déjà mis en place des itinéraires en lien avec l’agro-écologie, par exemple j’ai des MAEC prairies fleuries, fauche retardée… C’est sûr, je veux tester plein de choses, il va falloir faire des choix » plaisante-t’il. « Il y a beaucoup de choses à faire sur le sol vivant ! Moi, ça me plait de mélanger la technique et le bon sens agronomique, je veux travailler sur les champignons  mycorhiziens, les assolements, trouver le bon compromis sur le travail du sol… travailler pour enrichir le sol, c’est important, on ne travaille pas seulement pour le rendement ! » Ses animaux profiteront également de la démarche: « je discute beaucoup avec un collègue qui est pointu sur les soins en bio, j’ai envie d’explorer tout cela aussi. »

L’agriculteur explique également sa décision par la volonté de gagner en autonomie:  » en fait j’en avais ras-le-bol de bosser en conventionnel sans valoriser ma production. Et je veux reprendre la main sur mes décisions d’agriculteur, c’est important de retrouver de l’autonomie, de moins dépendre des autres, de faire son propre chemin. »

LTB2Lionel n’est pas inquiet sur la réussite de sa conversion, tout en soulignant que tout seul, il ne se serait certainement pas lancé: «  les gars s’en sortent, pourquoi pas moi ?! Pour moi, c’est vraiment une évolution cohérente,  Techniquement, ça ne me fait pas plus peur que cela. Grâce au GIE je vais avoir le matériel et avancer dans une démarche collective, donc je suis serein. La marge économique, le rendement, je ne me fixe pas d’objectifs chiffrés mais je suis convaincu que ce sera une bonne surprise. Et puis c’est un plus aussi pour le territoire, on se prend en main pour faire avancer notre métier! »

La Ferme des Amaryllis – Exploitant individuel, 66 hectares, 80 UGB. Membre du groupe Méthanisère et GIE La Bièvre, Apprieu (38).